Oxydo-reduction est une rupture assumée.
Autant le dire, cette fois-ci pas de lignes rassurantes ni de trajectoires évidentes. Cet album explore une autre voie : celle de la répétition, de la tension et de la transformation progressive de la matière sonore.
Soit on déteste, soit on écoute religieusement !
Pendant les 2h30 d’exploration, les morceaux se construisent autour de pulsations mécaniques ou martiales, de séquences analogiques, de nappes lentes et de drones, où les guitares cessent d’être des éléments démonstratifs pour devenir de simples textures. Les voix, quand elles apparaissent, sont traitées comme des masses sonores : sans langage, rituelles, presque abstraites. Tout évolue lentement, par glissements successifs, sans chercher l’immédiateté.
Ce disque n’est pas conçu pour une écoute distraite. Il demande du temps, de l’attention, et une certaine disponibilité. C’est une musique de processus plus que de chansons, d’atmosphères plus que de mélodies. Une exploration volontairement minimale, parfois austère, souvent hypnotique.
Ce choix marque une prise de distance nette avec des compositions plus accessibles ou plus conventionnelles. Certains y verront une expérience radicale, d’autres une dérive inutile. Et oui, il est tout à fait possible que quelques auditeurs fassent une légère syncope à l’écoute 😅. Mais Oxydo-reduction n’a pas été pensé pour rassurer : il a été pensé pour chercher, expérimenter et pousser les curseurs là où ils ne vont pas d’ordinaire.